On apprit par la suite que Barrichello avait reçu une consigne de son équipe, l'obligeant à se laisser dépasser par son coéquipier. Etant sous contrat cette saison et pour celles à venir, le Brésilien ne put faire autrement que s'exécuter. Schumacher, lui-même confus, lui laissa la plus haute marche du podium et lui remit son trophée... mais ce n'est que symbolique. Avant cette course, Schumacher avait remporté quatre des cinq grands prix déjà disputés, il possède maintenant 54 points et 27 d'avance sur son premier poursuivant. S'il avait été deuxième, il aurait eu quatre points de moins, qu'est-ce que quatre points face à un pareil déshonneur ? Autant dire que si cette situation se reproduit dans les dix grands prix à venir, il n'y aura plus besoin de que de parier sur le vice-champion et il sera difficile de rester éveillé le dimanche après-midi devant un tel spectacle.

Il n'y a pas d'interdiction sur les stratégies d'équipe dans le code de la Formule 1, et cela Jean Todt, le directeur sportif de l'écurie Ferrari, l'a bien compris. Mais que fait-il de l'éthique ? On aurait presque honte d'être Français, sachant que cet homme est un de nos compatriotes.

Au milieu de ce tableau noir, il a quand même une lueur d'espoir : les instances de la fédération internationale automobile ont réagi, les principaux intervenants de cette affaire sont convoqués le 26 juin au siège de la FIA à Paris pour des explications.

Sur les 17 épreuves que compte le championnat du monde, l'Autriche était la seule qui manquait au palmarès de Schumacher, maintenant elle en fait partie ; mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.