La minute (nécessaire ?) de promo

Pour le synopsis, je vais simplement recopier l'arrière de la boite qui m'a coûtée si chère :

Milo, jeune prodige de l'informatique, a créé une start-up qui intéresse les plus grands groupes informatiques du monde. Lorsque Gary Winston, le tout-puissant patron de la N.U.R.V. Corp., lui propose de rejoindre son équipe de recherche, le jeune homme ne peut refuser. Soutenu par Alice, sa petite amie, Milo part pour la Silicon Valley. Lorsqu'un crime étrange frappe l'un de ses proches, Milo se doute qu'il est devenu le pion d'un impressionnant complot dont il est l'involontaire complice.

Milo, c'est Ryan Philippe, qui a joué entre autre dans Studio 54, Sexe Intentions ou encore Souviens-toi l'été dernier. Comme acteur connu on trouve aussi Claire Forlani, Rachael Leigh Cook et surtout le magnifique Tim Robbins en sosie de Bill Gates plus vrai que nature. Mais bon tout ça on s'en fiche, ce qui compte c'est l'histoire d'Antitrust...

Il était une fois un geek...

Derrière un thriller efficace, se cache en fait LA référence cinématographique de tout geek qui se repecte. Le synopsis pourrait d'ailleurs être réécrit...

Milo, jeune geek qui code des logiciels libres avec ses potes dans un garage et conspue le grand capitalisme et les logiciels propriétaires, est tellement doué qu'il interresse les plus grands groupes informatiques du monde. Lorsque Gary Winston, l'avatar de Bill Gates et représentant le mal absolu, lui propose de rejoindre l'équivalent du Microsoft local, le jeune homme est bien embeté : l'offre est interressante, mais l'obligerait à travailler chez l'Ennemi, puisque N.U.R.V refuse de rendre ses programmes open source. Finalement il accepte, mais lorsqu'un crime étrange frappe un de ses potes geek qui était resté tout seul le soir à coder, Milo se doute qu'il est devenu le pion d'un impressionnant complot. Dès lors, il va tout faire pour faire tomber les gros méchants et rendre son projet open source, parceque, dit-il, la connaissance appartient à tout le monde.

Réalisme des outils...

Cette histoire est soutenue, pour une fois, par un bon réalisme concernant tout ce qui est informatique. D'habitude dans les films du genre Hackers et compagnie on a le droit à des interfaces complètement surréalistes, où les « héros » tapotent n'importe comment sur leur clavier. J'ai même vu récemment dans NCIS (une série qui passe sur M6) deux « génies » taper ensemble et n'importe comment sur le clavier (façon piano à 4 mains) « pour stopper une attaque ». Ridicule. Bref, heureusement, Antitrust n'est pas comme ça !

Ca commence très fort par un générique en HTML. Pas très W3C Compliant certes, mais à l'époque (2000) ça n'était pas encore répandu.

Le générique en HTML

Ensuite, dans la scène d'intro qui présente les deux héros, Milo et Teddy, on peut appercevoir rapidement l'écran de leur bécane. Et qu'est-ce qu'ils utilisent ? Gnome ! Si si, regardez bien le logo caractéristique en forme de pied... Qui dit Gnome, dit Linux. Normal pour des geeks qui défendent le logiciel libre.

Gnome

Viens la scène où on découvre leur garage, bourré de clavier, d'écrans et de carcasses de PC (regardez bien sur les étagères en arrière plan)... Mince alors, on se croiait chez moi !

Leur garage

Et les allusions continuent comme ça tout au long du film. On pourra par exemple voir Teddy porter un tshirt portant l'inscription « Code Poet » (littéralement « Poête du code ») ! Ou encore d'autres vrais plan sur des écrans d'ordis tournant sous Unix/Linux. Et là je ne parle même pas des très nombreux points communs entre N.U.R.V. et Microsoft, dont notamment le procès antitrust qui a donné son titre au film.

... et des comportements

Mais il ne suffit pas de mettre pleins de PC avec Linux dessus pour rendre le film réaliste. Et là où ça devient très fort, c'est qu'on y retrouve aussi des comportements classiques de geeks !

Premier exemple : la rebellion contre les logiciels propriétaires, incarnée principalement par Teddy. On le voit par exemple poser la question (sur Internet evidemment), « Pourquoi ne pas rendre Synapse Open Source ? Vous n'avez pas assez d'argent ? » Toute cette rebellion, et cette idée que le logiciel doit être libre, guide d'ailleurs tout le film, jusqu'à la fin que je ne vais pas dévoiler au cas où vous n'auriez pas encore vu ce monument du cinéma.

Toujours gnome

Les petites reflexions fusent également. Morceaux choisis :

  • Lorsque Milo rentre à N.U.R.V., un des employés (barbu, comme par hasard), apprenant qu'il a une copine : Quoi ? T'as une nana ? en 3D ? C'est très rare par ici ! (et oui, les vrais geeks n'aiment que leur machine)
  • Lorsque Milo et Teddy se téléphonent, ça donne :

    - y'a pas que le travail dans la vie on peut parler d'autre chose
    - oh oui bien sûr
    - ...
    - ...
    - alors qu'est-ce que tu fais de beau ?
    - ben... j'travail !

    (et oui, les vrais geeks passent leur vie à coder ou à bosser sur leur bécane)
  • Quand le pote de Milo meurt dans d'étrange circonstance (le fameux meutre du synopsis), on a le droit à cette remarque d'anthologie : c'est ça notre problème, on prend jamais au serieux... sauf nos disques durs. Ah c'est sûr s'ils avaient fait une backup de leur copain ils auraient pu le restorer !

42

42, pour ceux qui l'ignorent, c'est « la réponse à la vie, l'univers, et tout le reste », connu également sous le nom de « réponse ultime ». C'est une réference à la série de livres de science fiction The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams, qui a d'ailleurs été adapté récement au cinéma dans un film éponyme (« H2G2 - Le guide du voyageur galactique » en français). C'est devenu une private joke chez les geeks en tous genre, au point que certains sites, comme Forty-Two Blog - Ode au Quarante-Deux référence toutes les références au chiffre 42. Pour en savoir plus, je vous invite à lire la page wikipedia.

Bon, et le rapport avec Antitrust dans tout ça ? Et bien comme tout bon film de geek qui se respecte, les réferences au 42 sont légions...

La première est le building du campus N.U.R.V. autour duquel tourne une partie de l'intrigue... Il porte en effet le numéro 21, c'est-à-dire à la moitié de 42 !

Building 21

On pourrait aussi citer les adresses IP des satelites Synapse. La seule qui fonctionne (comme par hasard) est celle qui contient un 42...

IP 42

IP 42 2

Et devinez combien de temps il reste avant le lanchement du projet Synapse quand Milo commence à travailler dessus ? 42 jours !

Synapse Lauch in 42 days

Enfin un dernier, qui est peut-être un hasard celui-là, Milo décide de réagir et d'enqueter sur la mort de ami... à la 42ème minute du film...